Le financement annuel du média Kairos a été fixé à hauteur de 71.000 euros, pour l’année qui vient. La ministre en charge des médias, Bénédicte Linard (Ecolo), en a fait état, en réponse à une interpellation du député Olivier Maroy (MR) devant les députés du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

C’était ce mardi 28 septembre, lors d’une commission qui regroupait des parlementaires de différents partis politiques. Rapidement, le député Olivier Maroy du parti politique Mouvement réformateur (MR) s’y est opposé, au motif qu’il s’agit, selon lui, d’un média qui propage des « fake news ». Depuis, des questions ont été posées. Est-ce le rôle des politiques d’intervenir dans le contrôle de la parole journalistique ? Certains estiment que non sur les réseaux sociaux.

C’est l’« affaire Kairos », comme on pourrait la qualifier à présent. Pourquoi ? Parce qu’elle en dit long sur les rapports entre politiques et médias au sens large. Elle a été l’objet d’un article de La Libre, puis, ensuite, plusieurs autres médias en ont parlé. Cité24 tient à s’inscrire dans cette lignée-là, mais tient à souligner un point trop peu relevé : celui de la liberté de la presse.

Pour cela, il faut reprendre les faits depuis le début. Tout a commencé lors d’une commission de députés au Parlement wallon.

« Un média complotiste » selon Olivier Maroy

Pour cela, il faut reprendre les faits depuis le début. Tout a commencé lors d’une commission de députés au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le député MR Olivier Maroy est monté au créneau et a interpellé la ministre Linard. Elle a été amenée à répondre à une question sur le financement public au média Kairos à hauteur de 71.000 euros. Le député semblait virulent sur ce point.

En effet, l’ex-journaliste de télévision a pris position de manière virulente contre cet octroi de subvention. Ce dernier a déclaré : « Ne considérez-vous pas qu’il est problématique que la Fédération Wallonie-Bruxelles subventionne un média qui frôle le complotisme et véhicule des fake news ? ».

Il a ajouté que ce média « était un torchon » (sic).

Le MR contre la liberté de la presse ?

En Belgique, comme indiqué dans l'Article 25 de la Constitution belge, « La presse est libre; la censure ne pourra jamais être établie; il ne peut être exigé de cautionnement des écrivains, éditeurs ou imprimeurs. »

Sur les réseaux sociaux, les commentaires ne se sont pas fait attendre pour se positionner face aux propos d’Olivier Maroy. Sur Facebook, par exemple, on a pu lire sous la publication de l’article bon nombre d’avis à ce sujet, dont une majorité semblait être contre celui d’Olivier Maroy.

On a pu lire : « Kairos, n'est pas complotiste, n'en déplaise au MR ou même aux autres partis ! Kairos est juste un organe indépendant qui pose les questions qui dérangent ! ».

Un autre internaute a pointé l’exagération des propos du député Maroy : « Complotiste, tout de suite les grands mots ».

Une question se pose aussi, au-delà de ce cas particulier. Le politique doit-il se mêler de qui, au sein du large spectre médiatique belge, peut être financé ou non ?

« On cherche à me nuire »

Du côté de Kairos, le communiqué pour se positionner face aux propos du député Olivier Maroy sera publié ce vendredi. Toutefois, Alexandre Penasse, journaliste à Kairos, s’est exprimé. Il estime que les propos du député sont une « attaque ciblée, car on ne désire pas que je cherche la vérité ». Il ajoute : « Donc, on cherche à me nuire ». Alexandre Penasse cite la Charte de Munich qui prescrit aux journalistes « de dire la vérité, qu’importe les conséquences ». Il ajoute que la liberté de la presse est garantie par l’article 25 de la Constitution belge.

Le journaliste de Kairos parle de censure, pour le Codeco du 27 novembre 2020.