Vous avez certainement dû le remarquer ou y prêter attention si vous avez du faire vos courses ce lundi 29 mars. Si vous avez dû voyager, prendre les transports, cela a également dû vous tomber dans le creux de l’oreille. En effet, il s’agissait aujourd’hui d’une grève qui a touché un certain nombre de secteurs, dont évidement les transports, les supermarchés ou les industries. La revendication principale de cette grève était la hausse des salaires pour les travailleurs de tous les secteurs.


La FGTB et la CSC se sont mobilisées, ce lundi 29 mars. Pour ces deux syndicats belges, il s’agissait de faire passer un message, par une grève Nationale. Ils ont demandé l’octroi d’un salaire plus juste pour les travailleurs.

Ces deux grands syndicats ne veulent plus entendre parler d’un plafond salarial à 0,4 % en plus de l’indexation systématique des salaires tous les 2 ans. Ce plafond serait une recommandation du Conseil central de l’économie (CCE) du gouvernement belge et par le secteur patronal (dont le VOKA). Mais il est considéré comme une aumône par les organisateurs des travailleurs et non une réelle augmentation du pouvoir d’achat. C’est ce qu’ils ont fait savoir aujourd’hui.

« Il faut augmenter les salaires »

En outre, les syndicats FGTB et CSC demandent une hausse des salaires minimum et des accords pour les travailleurs en fin de carrière.

La CGSLB, Centrale générale des syndicats libéraux de Belgique, elle, n’a participé pas à cette grève. Elle l’a trouvée « prématurée à l’heure actuelle ». Néanmoins, elle a réalisé des actions alternatives pour « sensibiliser la population et convaincre les chefs d’entreprises et le gouvernement » de bouger dans le sens des travailleurs.

Les transports publics ont ainsi touchés. Afin de léser le moins possibles les usagers, des annonces régulières ont été faites via divers canaux toute la journée.

Concernant les supermarchés, les travailleurs ont aussi répondu présents à leur manière à l’appel. Ils ont réalisé des actions symboliques : des piquets de grèves, des arrêts de travail, par exemple. Dans un communiqué, le syndicat CSC explique que tous les secteurs privés se sont mobilisés. Cela va des titres-services aux entreprises de travail adapté.

« Il va de soi que les patrons ne sont pas ravis de cette grève, cela aura un impact sur leur réputation. » C’est ce qu’ont dit les syndicats.

Selon VOKA, le patronnat flamand, c’est un coup de poignard dans le dos. VOKA ajoute qu’une « telle grève peut ruiner la réputation du pays« . Sans oublier les grandes entreprises ayant leurs sièges chez nous. Toujours selon VOKA, aucun pays en Europe ne se lance dans une telle grève en temps de pandémie, sauf la Belgique et cela nuit à notre image.

Le réseau wallon contre la pauvreté s’est aussi mobilisé, comme on a pu le voir dans la vidéo ci-dessous.

Un bilan de la journée sera fait par les syndicats

« La crise a confirmé que les travailleurs sont les héros de ce pays, que ce soit de la production ou des services. Sans travailleur, le pays s’arrête”, a lancé la CSC.

Ce midi, une manifestation a eu lieu Place de la Liberté à Bruxelles. Divers piquets de grève ont été installés devant divers commerces et devant les portes de Brucargo, à l’aéroport de Zaventem. Les service de la Stib et de la SNCB ont été perturbés à divers moments de la journée.

Les syndicats verront si cette journée de grève aura des répercussions sur la concertation sociale, entre patronnats et syndicats. Aujourd’hui, c’est le gouvernement fédéral qui a la main, après l’échec des négociations entre syndicats et employeurs pour un accord interprofessionnel.

Le Premier ministre Alexander De Croo a laissé entendre ce dimanche 28 mars que des pistes avaient été fournies depuis des semaines aux patrons et aux syndicats. C’était d’ouvrir la possibilité à des entreprises qui engrangent de bons résultats de donner plus d’augmentation à leurs travailleurs que les 0,4% prévus.

Et comme la grève doit aussi être un bon moment, certain-e-s travailleurs/travailleuses se sont mis à la danse pour égayer la journée de lutte.