C’est le journal quotidien français Le Monde qui a noté ce fait. « En Belgique, la politique est une affaire de famille », a-t-il titré. Et c’est vrai qu’il y a de quoi se poser des questions, notamment en termes de démocratie. Ces héritiers, parfois qualifiés de « filles ou fils à Papa » participent à une certaine nuisance à un bon usage démocratique. La démocratie en effet demande, au moins implicitement, un renouvellement permanent des élus, ce qui implique leurs familles et/ou leur descendance.

Le journal Le Monde, célèbre quotidien français, a fait la part belle à la classe politique belge. Ce que ce dernier a montré dans son article publié ce mardi 6 avril, c’est le manque de renouvellement de la classe politique. En effet, pas moins de 15 % des élus (de tous niveaux de pouvoir confondus) ont un père ou une mère qui a déjà exercé un mandat. Une situation qui indigne de nombreux Belges.

La politique comme « affaire de famille » fait penser à ce que l’on pouvait voir avec les privilèges de l’Ancien Régime. Cela peut être couplé à la continuité des inégalités sociales de génération en génération dont parlait le sociologue Pierre Bourdieu. Ou même aux castes indiennes.

Pourtant cela a bien lieu en Belgique, pays au centre l’Europe, en ce début de 21ème siècle.

On les appelle les « dynastes »

Ces hommes et femmes politiques dont on parle ici sont donc tous des fils et des filles « de ». On les nomme parfois aussi les dynastes, à ne pas confondre bien sûr avec les scarabées du même nom. Ces politicien-ne-s sont les membres d’une famille qui a exercé le pouvoir par le passé. Ils l’exercent à leur tour, jouissant de ce qui ressemble apparemment à un droit de succession. Au fil du temps, la Belgique s’en est fait une spécialité, qui interpelle à tout le moins nombre de personnes, jusqu’en France.

On en trouve dans tous les niveaux de pouvoir, jusqu’au gouvernement fédéral belge et son premier ministre lui-même, Alexander De Croo, fils d’Herman De Croo.

Des héritiers qui perturbent la démocratie

Ils sont donc 15% à être héritiers. Et au-delà de 10 %, on peut affirmer qu’une démocratie dysfonctionne. C’est ce qu’expliquait, en 2016, une étude de l’université américaine Harvard. En Europe, seules la Grèce et l’Irlande feraient pire en termes de népotisme. En Allemagne il est presque inexistant. Aux Pays-Bas, la Chambre des députés comptait, en 2017, un seul « fils de » sur 150 élus.

Les Européens campent cependant tous très loin de la Thaïlande et des Philippines, où 40 % des parlementaires sont des dynastes. Aux Etats-Unis, 6 % seulement des élus ont des parents célèbres en politique, même si quelques exemples – les Clinton, la famille Bush et celle des Trump, demain ? – pourraient faire penser l’inverse.

Critiques de ce népotisme

Il y a eu des critiques lors de la composition du gouvernement actuel. Les citoyens belges ont un peu « soufflé » en entendant le nom du remier ministre  Alexander De Croo, fils d’Herman De Croo. Et puis, il y a eu le frère de l’ex-premier ministre Charles Michel, Mathieu Michel, qui est devenu ministre du numérique alors qu’il n’avait pas de compte Twitter et ne connaissait rien à Internet.

Le ministre des finances est Vincent Van Peteghem, fils d’un député qui fut aussi maire durant quatorze ans. La secrétaire d’Etat à l’égalité des genres, c’est Sarah Schlitz, petite-fille d’un ancien sénateur et maire de Liège, présentant toutefois la particularité d’être écologiste quand son aïeul était au PS. Cette situation laisse songeur…