La chaine de télévision anglaise mondialement connue s’est penchée sur les agissements récents de la police belge. Elle a, en outre, fait état d’un certain racisme qui peut exister en son sein, qui peut être la cause de violences policières. De nombreux collectifs, associations ou citoyens le dénoncent depuis plusieurs années maintenant. On peut citer la policière qui a fait un salut nazi alors que Jozef Chovanec était en train d’étouffer « façon George Floyd ». Et puis Ibrahima, Mehdi, Lamine, Adil, Ilias Abbedou, Mawda, pour ne citer qu’eux. Cité24 a fourni du matériel vidéo à la BBC dans ce cadre.

La BBC est entrée en contact avec Cité24 récemment. Elle a réalisé un reportage de moins de dix minutes mais qui pose des questions. Ce reportage de la chaine anglaise connu dans le monde entier ne peut laisser indifférent, surtout pour les habitants de Belgique. Cité24 voit ainsi son travail journalistique salué par une chaine d’ampleur et la pertinence de ses reportages, qui semblent nécessaires à une meilleure compréhension du réel.

« Les médias de rue (sic) sont ultranécessaires à l’information« , a déclaré le journaliste de la BBC à Cité24. « Vos médias et les nôtres sont complémentaires« , a-t-il ajouté.

« La police est censée nous protéger »

Dans ce reportage de la BBC, on voit des violences policières qui ont été filmées récemment en Belgique. Parmi celles-ci, celle où un policier armé d’un fusil d’assaut avait tiré à bout portant sur un jeune qui ne faisait que courir. Les images proviennent de Cité24, que la BBC a récupérées pour pointer ce problème à l’international.

« Aucun policier emprisonné »

Les militants et citoyens appellent à une réforme de la police belge. Le collectif Bruxelles Panthères demande, par exemple, que soient donnés des récépissés. Ces documents pourront montrer, explique le collectif, que les contrôles de police, dans les faits, ciblent des catégories particulières. On parle des « racisés » (terme validé par le dictionnaire Larousse depuis peu).

Plusieurs victimes de violences policières ont suscité des vagues d’indignation. Il y a eu Mawda, Adil, Mehdi. Un des derniers est Ibrahima. La soeur de ce dernier s’est exprimée. Elle a déclaré, au sujet des policiers : « Ils sont censés nous protéger, pas nous tuer« . Elle a fait état de mensonges autour des circonstances de la mort de son frère, en janvier dernier. « Il y a eu des tentatives de salir son nom« , a-t-elle ajouté.

Pour tous ces actes, aucun officier – dans aucun des cas – n’a été emprisonné. Cela a suscité des accusations selon lesquelles la police agit en toute impunité.

Déni de la police ?

Dans ce reportage de la BBC, on voit un policier prendre la parole et répondre à un journaliste sur les événements de la manifestation qui a été le focus du reportage anglais. Il déclare : « Il y a eu un phénomène de bashing dont la police belge a été frappée« .

Dans ce même reportage, on voit d’autres images : celles de l’interpellation de la police qui a mené au décès de Lamine Bangoura. Il y a peu les policiers qui ont commis ces faits ont bénéficié d’un non lieu de la part de la justice. La vidéo de la scène a pourtant choqué nombre de gens, voir vidéo).

L’avocat Alexis Deswaef (défenseur de la famille d’Ibrahima), dans ce même reportage du média anglais, a aussi pris la parole. « Tous les policiers qui ont interpellé Lamine Bangoura étaient blanc, et lui, noir. Ils lui ont dit qu’il devait cesser de pleurer comme un animal. S’il avait été blanc, ils n’auraient jamais dit cela« . C’est ce qu’il a dit à la BBC.

La force fédérale belge a déclaré qu’elle ne pouvait pas commenter les enquêtes en cours, mais les syndicats ont déclaré à la BBC que la police n’était pas institutionnellement raciste.

Ci-dessous le teaser du reportage. La vidéo complète de la BBC est disponible, sur ce lien.

Ci-dessous, la première vidéo-document francophone sur l’affaire Lamine Bangoura, avec notamment les interviews de Me Alexis Deswaef et de Jean-Pierre Bangoura, père de Lamine, décédé par asphyxie en 2018. Ce dernier est considéré par certains, tel le journaliste Olivier Mukuna, comme le George Floyd belge.