Le 25 février marque une première victoire pour le journaliste Fayçal Cheffou qui s’est attelé, dès les débuts de la crise du Covid-19 en marge des contestations des mesures sanitaires qui en ont découlé, à dénoncer l’implication de l’extrême droite au cœur de ce mouvement de contestation, révélant par là même, les liens entre ces mouvements et l'ex-avocat Paolo Criscenzo

En effet, Fayçal Cheffou, malgré une documentation fournie de ses analyses, subit des attaques de tout bord dont certaines se poursuivent jusqu’aux tribunaux. Ce fut le cas notamment de Paolo Criscenzo via l'ASBL Droits et Libertés, que le journaliste avait qualifié d’ “avocat raté devenu influenceur sur les réseaux sociaux” et le parti United People, dont, il était précédemment le porte-parole, qualifié sous la plume du journaliste, de parti d'extrême droite.

À la suite d’une plainte déposée par le parti d'extrême droite "Droits et Libertés", Fayçal Cheffou a été convoqué à comparaître en justice le 16 février. Dix jours plus tard, le rendu du jugement a conforté les positions du journaliste de Cité24. 

Lire aussi : Paolo Criscenzo dépose une plainte contre Fayçal Cheffou pour « atteinte à sa réputation »

Une plainte non fondée selon le tribunal

Le parti politique de Criscenzo reprochait au journaliste la publication sur sa page Facebook de “contenus fallacieux et dénigrants la concernant ainsi que son porte-parole Paolo Criscenzo”, et qui, “porterai[ent] atteinte à son image et à sa réputation”.

Le juge du tribunal de première instance de Bruxelles a néanmoins rappelé que l’ASBL Droits et Libertés ne revendique aucun droit d’auteur, droit voisin ni droit de producteur de base de donnée sur les contenus mis en cause, à savoir le contenu des publications de Fayçal Cheffou, rendant par là même l’introduction d’une procédure en cessation “comme en référé” - procédure accélérée qui permet la suspension immédiate des publications portant atteinte aux droits susmentionnés - non fondée. 

Droits et Libertés condamné à payer des indemnités

En conséquence, le tribunal a condamné l’ASBL Droits et Libertés à des indemnités de procédure à hauteur de 1440 euros au profit de Fayçal Cheffou ainsi qu’à la prise en charge des frais de droits de mise en rôle. La plainte a été déclarée non-fondée. 

Si ceci constitue une première victoire pour le journaliste et une confirmation de son droit à l’analyse politique et de la pertinence de son travail, il n’en reste pas néanmoins que ce dernier devra faire face à d’autres actions en justice similaires, dont la prochaine audience aura lieu le 25 avril, convoquée elle aussi par Paolo Criscenzo ainsi que par l’ancien président du parti United People David Bouillon.

Ces attaques en masse, par la faiblesse de leurs plaidoiries et leurs mépris des contraintes procédurales, s’apparentent à un acharnement caractéristique du modus operandi des nouvelles branches d’extrême droite, qui consiste à attaquer en justice quiconque s’aventure à poser une critique sur leurs propos et leurs actes.

Nous appelons en soutien aux victimes de cette mécanique d'extrême droite visant à blanchir leurs actions, à relayer le travail d'analyse de nos confrères ainsi que de Cité24, afin qu'une reinformation indépendante en dehors des tropes de l'extrême droite, puisse se mettre en place.