En cette fin du mois de mars 2021, une grève avait été lancée. En ce début du mois d’avril, elleest toujours en cours à l’Hôpital des Enfants à Toulouse. En effet, les tensions sont vives entre la direction et le syndicat CGT autour des moyens octroyés au service hémato-oncologie.Le personnel soignant a fait une vidéo improvisée où l’on peut voir la détermination qui l’habite.

Afin de témoigner clairement de la colère hospitalière, des soignants de la Ville rose (Toulouse, France) ont manifesté. C’était ce mardi 30 mars 2021, autour de l’Hôtel-Dieu, siège du CHU de la cité du sud du pays. Parmi ses membres du personnel en colère, on trouve le personnel du service Hématologie-Oncologie de l’Hôpital des Enfants, à Purpan. Il est en grève depuis jeudi 25 mars. Il réclame davantage de moyens.

Ce que veulent les grévistes

Depuis bientôt une semaine, une trentaine des 51 agents du service d’hémato-oncologie se relaie autour du piquet de grève, au service Hématologie-Oncologie. « On demande l’application pure et simple de la loi », résume Julien Terrié, secrétaire de la CGT au CHU de Toulouse.

La CGT déclare qu’il y a une « l’impossibilité de poser les congés annuels demandés, du fait du manque de moyens en personnel ». Le syndicat regrette également ‘qu’une part importante de l’équipe reste contractuelle, donc dans la précarité« . Ces soignants se disent enfin « excédés et épuisés par un management pathogène« .

Ces arguments sont non valables pour Sarah Viguier, la directrice de l’hôpital des enfants, ainsi que pour Muriel Legendre, directrice du site de Purpan. Elles campent sur leurs positions.

Continuité des soins pendant les congés

Concernant les congés d’été, là où les grévistes estiment que « le manque criant de personnel entraîne l’impossibilité de les poser », la direction assure que « du 15 juin au 15 septembre, les agents peuvent poser trois semaines de congés, consécutives pour ceux qui le souhaitent. Mais la difficulté, c’est que dans ce service, l’équipe n’arrivait pas à se mettre d’accord« , dit Sarah Viguier. Elle insiste sur « la très forte expertise des agents de ce service », difficiles à remplacer dans l’immédiat. Alors qu’ils sont indispensables.

Muriel Legendre ajoute : « Trop d’agents veulent partir sur les mêmes semaines au mois d’août, la continuité des soins risque de ne pas être assurée ». Elle avance une explication forcément consensuelle : « On ne peut pas se permettre d’avoir des interruptions sur des traitements aussi lourds que des cures de chimiothérapie sur des enfants. Décaler une journée de traitement pourrait occasionner une perte de chance ».

« Pour que les agents aient les congés, encore faut-il que le CHU ait fait suffisamment d’embauches d’été, et se soit doté de renforts », réplique du côté de la CGT Julien Terrié. Les soignants alertent depuis deux ans sur le manque de moyens, a-t-elle dit part ailleurs.

Les huissiers descendus sur place

Car ce que dénonce aussi et surtout la CGT, c’est la « brutalité managériale ». Évoquant « des méthodes utiles à la poursuite des mesures d’austérité à l’hôpital », le syndicat déplore que « la direction n’hésite pas à envoyer les huissiers au domicile (des agents) pour les assigner tous les jours », au lieu « d’accorder les périodes de congés auxquels a droit cette équipe ». La direction réfute également cela et se targue à l’inverse d’un « dialogue social permanent ».

Un service en sous-effectifs ?

Finalement, pour ce qui est du contingent du service, la CGT réclame plusieurs choses. D’une part « la titularisation des agents en contrat précaire ». Ensuite : « la remise à niveau des effectifs, avec le recrutement de 3 à 4 soignants en plus« . Pour qu’il n’y ait plus d’irrégularité dans le planning et que les congés puissent être pris. 

Là encore, la direction de l’hopital de Toulouse nie en bloc. Eur les contrats précaires, elle maintient que « parmi 51 agents para-médicaux dans ce service, seuls 8 ne sont pas titulaires, dont 6 en voie de titularisation cette année ». Précisant que « tous les absents sont remplacés », En plus, les effectifs de ce service « tiennent vraiment compte de son activité pédiatrique particulière », estime Muriel Legendre.