Zhang Zhan est une journaliste et citoyenne chinoise. Aujourd’hui et depuis les débuts de la crise covid en Chine, elle subit des persécutions de son gouvernement. Le 15 mai, elle avait été portée disparue de Wuhan (lieu d’où est partie la pandémie mondiale) et par la suite, il a été su qu’elle était enfermée à 640 km de là. Elle avait communiqué sur les précédentes arrestations de journalistes et sur un harcèlement d’Etat envers les familles ayant perdu un proche du coronavirus.

Amnesty International, qui suit cette affaire de près, explique que « le gouvernement chinois tente de cacher les informations relatives à l’épidémie de Covid-19, faisant taire allègrement les personnes qui dénoncent la gestion du virus ».

Zhang Zhan (à droite sur la photo ci-dessus) semble en avoir été la malheureuse victime.

Zhang Zhan est un ex-avocate, aujourd’hui une journaliste citoyenne qui s’exprime activement sur la politique et les questions liées aux droits humains en Chine sous le régime Xi Jinping (à gauche sur la photo ci-dessus).

Amnesty nous rappelle qu’au début de l’épidémie, en février 2020 exactement, « elle s’est rendue à Wuhan, qui était alors le centre de l’épidémie de Covid-19« . L’ONG ajoute : « Elle a utilisé des plateformes en ligne (notamment WeChat, Twitter et YouTube) pour rendre compte de l’arrestation d’autres journalistes indépendants et du harcèlement à l’égard de familles de victimes« .

Zhang Zhan a été portée disparue le 15 mai à Wuhan. Par la suite, nous avons appris qu’elle était détenue par la police à Shanghai, à plus de 640 km de Wuhan.

Grève de la faim et nourrie de force

D’après l’avocat de Zhang Zhan, elle avait « entamé une grève de la faim en septembre 2020 » pour dénoncer sa détention et clamer son innocence. Malgré sa volonté de poursuivre cette action de protestation, les autorités du centre de détention l’auraient nourri contre son gré au moyen d’une sonde.

L’avocat a indiqué qu’elle « était très faible physiquement et qu’elle souffrait de douleurs à l’estomac, de vertiges et de faiblesse quand elle marchait« . Il a dit aussi que Zhang Zhan a été forcée de porter des entraves aux pieds et cela fait plus de trois mois qu’elle a les pieds et les poings liés 24 heures sur 24.

La censure des journalistes, une réalité en Chine

Les journalistes citoyens ont été le principal canal d’informations non censurées et de première main sur l’épidémie de Covid en Chine. De ce fait, « les journalistes citoyens en Chine sont constamment harcelés et réprimés parce qu’ils font état d’informations censurées par le gouvernement et les répandent » dit Amnesty.

Amnesty précise en outre : « Parmi ces personnes, on peut notamment citer Chen Qiushi, avocat et journaliste citoyen connu pour son franc-parler, qui a dit avoir été harcelé par les autorités après avoir mis en ligne des séquences vidéo filmées dans des hôpitaux de Wuhan. Depuis le début de l’épidémie en Chine, de nombreux articles consacrés au Covid-19 ont été censurés, dont des textes publiés par des organes de presse grand public. Des publications sur les réseaux sociaux, des hashtags liés à des sujets sensibles et des appels au respect de la liberté d’expression ont rapidement été supprimés ou censurés« .