L’affaire est emblématique concernant la question des réfugiés en France.Madama Diawara, jeune Malien de 19 ans à peine vivant en Haute-Loire est à présent enfermé. Il a été amené mardi 9 mars au centre de rétention administrative de Lyon. C’est la première étape avant d’être expulsé, a indiqué l’enseignante qui l’hébergeait jusqu’ici. Son compagnon avait même entrepris une grève de la faim pour demander sa régularisation administrative, sans succès. Madama avait traversé la Méditerranée puis les Alpes jusqu’à Briançon avant d’être accueilli.

Le jeune malin de 19 ans seulement a été privé de liberté et emmené tout droit en centre fermé. Il s’appelle Madama Diawara et se trouve à présent au centre de rétention administrative.

Véronique de Marconnay, enseignante, qui l’avait accueilli a déclaré : « On nous a annoncé en toute fin de journée que Madama était en route pour Lyon au centre de rétention administrative de Lyon en vue d’une expulsion sur décision du préfet de Haute-Loire« .

« Tout ce qu’on demande, c’est un tampon sur un papier »

Elle a ajouté : « c’est un cauchemar pour nous (…) Tout ce qu’on demande, c’est un tampon sur un papier« .

Ce mardi 9 mars en matinée, Madama Diawara a donc été convoqué par la police de l’Air et des Frontières à Gerzat (Puy-de-Dôme). Suite à cela, il a été « placé en garde à vue pour usage de faux documents« , a expliqué Véronique de Marconnay.

L’enseignante a par ailleurs déclaré : « C’est très dur pour nous émotionnellement de voir Madama dans cette situation, mais nous allons rester ici jusqu’à ce qu’il soit libéré« . Elle était présente devant le commissariat avec son compagnon.

Depuis son arrivée en France, Madama Diawara, jeune Malien de 19 ans, avait été accueilli, en décembre 2018. Le couple vivant en Haute-Loire l’avait logé après que Madama ait traversé la Méditerranée puis les Alpes jusqu’à Briançon.

Refusé de lui délivrer l’autorisation de travail par la préfecture de Haute-Loire

Madama Diawara était déjà inscrit dans un établissement en vue d’obtenir un CAP d’ouvrier agricole. Il avait effectué un premier stage chez un autre couple, des éleveurs. Ceux-ci lui avaient proposé un contrat d’apprentissage.

Toutefois, la préfecture de Haute-Loire n’a pas jugé cela suffisant. Elle a refusé de délivrer l’autorisation de travail et le titre de séjour nécessaires au jeune homme. Il affirmait être majeur depuis janvier 2020 seulement mais la préfecture mettait en doute l’authenticité de son acte de naissance. Nous n’en savons pas plus sur les éléments qui permettaient aux autorités de créditer cette thèse.

Une vague de soutien à Madama au Puy-en-Velay

Eric Durupt, compagnon de Véronique de Marconnay a entamé une grève de la faim le 30 janvier. Le but était de réclamer la régularisation de Madama. Il y a toutefois mis un terme quinze jours plus tard, espérant une nouvelle décision des autorités.

En outre, ce 25 février dernier, un nouvel acte de naissance a été fourni à la préfecture. Elle s’était engagée à ce qu’il soit expertisé rapidement par la police de l’Air et des Frontières.

La situation du jeune homme avait suscité une vague de soutien et d’émoi en Haute-Loire. De plus, une pétition lancée par le couple a recueilli plus de 35.800 signatures.

Pour les militants, le combat n’est pas terminé pour « sauver Madama Diawara ».