Le bataillon Azov, ouvertement néonazi, intégré à l’armée nationale ukrainienne.

Les bombardements s'enchaînent depuis des jours à Marioupol, ville portuaire du sud de l'Ukraine. La ville est encerclée par l'armée russe qui pilonne sans relâche les unités de la Garde nationale ukrainienne, du bataillon d'extrême droite Azov et de l'infanterie de la marine.

Moscou est déterminé à lancer l'assaut contre Marioupol, ce « bastion néonazi », alors que l'OTAN choisi de « fournir des équipements militaires pour aider l’Ukraine à se protéger contre les menaces chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires ».

Les dirigeants ukrainiens ont rejeté un ultimatum lancé par l’armée russe pour la reddition de la ville portuaire de Marioupol. Les dégâts sont colossaux, la ville étant en grande partie détruite. Une vidéo postée sur les réseaux sociaux témoigne de l'ampleur des destructions.

Vidéo postée ce mercredi, sur le compte Twitter du régiment Azov.

Qu'est-ce que le régiment Azov ?

L'obédience politique du bataillon Azov ne laisse aucune place au mystère. Le régiment reprend la "Wolfsangel" inversée aux couleurs bleues et jaunes de l’Ukraine, qui fut le logo du parti ukrainien fasciste Svoboda et qui n’est autre qu’un symbole utilisé par la deuxième division SS pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le bataillon Azov a été accusé par l'ONU et certaines ONG d'exactions en Ukraine. En 2016, un rapport du Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a accusé le bataillon de viols et d'actes de torture. « Un homme handicapé mental a fait l'objet de traitements cruels, de viols et d'autres formes de violences sexuelles par huit à dix membres des bataillons Azov et Donbass en août-septembre 2014 », affirme l'ONU.

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En 2016 toujours, Human Rights Watch et Amnesty International ont également rendu leur rapport conjoint (en anglais) sur la situation en Ukraine. Les deux ONG font état de la pratique de détention arbitraire et de mauvais traitements incriminant plusieurs groupes militaires, dont le bataillon Azov.

Le bataillon Azov, une organisation terroriste ?

En 2019, les ambassadeurs du G7 exhortent le gouvernement ukrainien d’agir contre les groupes ultra-nationalistes violents ukrainiens tel que le régiment Azov.

La députée américaine Elissa Slotkin, présidente de la Sous-commission du renseignement et de la lutte contre le terrorisme, a appelé début 2021 le secrétaire d'État Antony Blinken à désigner Azov comme une « organisation terroriste étrangère ».

Les américains aide militairement le bataillon Azov

Le 12 juin 2015, le Congrès américain votait un amendement qui interdisait toute formation militaire et financement pour le régiment Azov. À la suite de ce vote, le représentant démocrate John Conyers déclare qu'il est satisfait que « nos militaires ne formeront pas cet odieux et méprisable bataillon nazi ».

Cependant, en 2016, suite à des pressions du Pentagone, l'amendement Conyers-Yoho qui bannissait le financement de groupes néo-nazis a été annulé.

Depuis les États-Unis ont repris les livraisons d'armes et l'entraînement des unités du bataillon Azov. Le gouvernement canadien, qui a envoyé des troupes pour entraîner l'armée ukrainienne, refuse de former le régiment Azov à cause de ses sympathies néonazies.

Une colonne de chars russes T-72B3 opérant à Marioupol, en Ukraine.

Aujourd’hui, le régiment Azov défend la ville en organisant l’entrainement militaire de civils face à l’attaque russe. Comme a pu l’illustrer l’agence Reuters, des ukrainiens volontaires sont formés ces dernières semaines aux tactiques de combat et au maniement des armes.