L’agence France-Presse a fait un reportage sur un phénomène qui touche les forces de l’ordre en France (comme ailleurs). Il s’agit des violences policières et le racisme structurel. Celles-ci sont de plus en plus récurrentes. Elles touchent les quartiers populaires depuis plusieurs décennies et se sont intensifiées depuis la crise des Gilets Jaunes. L’AFP a expliqué que certains policiers « le vivent mal ». Pour les victimes de ces actes, ce « malaise policier » ne change pas grand chose à ce qu’ils ont vécu.

Les violences policières et le racisme structurel dans la police française (comme dans la police belge, d’ailleurs) sont de moins en moins contestés.

Une campagne sur Facebook a même été lancée, il y a quelques mois : « Je sauve ma vie, je m’éloigne des policiers« . Une phrase qui en dit long et qui se suffit à elle-même pour comprendre la profondeur de ce problème structurel.

De nombreuses violences policières

Il faut dire que les exemple de violences policières sont assez nombreux. On peut citer ceux de Cédric Chouviat (en janvier 2020). Ces violences policières sont souvent couplées à du racisme endémique. L’exemple récent le plus fort est celui de l’agression à domicile du producteur de musique Michel Zecler. Ce dernier s’est fait insulter de « sale nègre » alors qu’il subissait des coups à répétition par trois policiers. C’était en novembre dernier. Il y a aussi celui d’Adama Traoré, décédé suite à une arrestation policière.

Cela remonte à bien plus loin. On peut citer l’exemple de Malik Oussekine en 1986.

Un autre problème est celui de l’impunité de la police lorsqu’elle est poursuivie pour ces faits. En effet, pour ce qui est de Michel Zecler, les policiers qui l’ont agressé ont été remis en liberté. Cela ne s’arrête pas à la France. En Belgique, les policiers poursuivis pour le décès de Lamine Bangoura ont bénéficié d’un non-lieu récemment. La scène avait pourtant été filmée. Victor-Manuel Jacinto Gonçalves, le policier qui a tiré sur la petite Mawda en 2018, la tuant ainsi, n’a eu qu’un an de prison avec sursis.

Depuis le covid, le port du masque a mené à des dérives des forces de l’ordre, comme c’est arrivé à une famille à Houdeng (Belgique), à son domicile (vidéo).

« Malaise dans la police »

Toutefois, certains policiers ont déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) qu’ils vivaient assez mal cette étiquette. Au vu des exemples cités ci-dessus, ils sont de plus en plus vus comme violents potentiels.

« Certains collègues ont le sentiment d’être attaqués de toute part. L’opinion publique est extrêmement bruyante, les médias, le politique etc.« , dit une intervenante interrogée par l’AFP.

Jean Castex avait dit que « l’usage de la force doit être compris comme légitime par les citoyens« . Une chose est certaine, ce n’est pas vraiment le cas, aujourd’hui. Ce dernier n’a pas remis en cause les agissements policiers par ailleurs.

« La police est considérée comme celle qui défend les intérêts de l’Etat et non ceux des citoyens », a déclaré Jérémie Gauthier, enseignant, sociologue et chercheur.

La balle reste toutefois dans le camp de la police et du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin pour que n’arrivent plus ces violences policières et ces scènes de racisme structurels. Ils nuisent tant à l’intérieur qu’à l’extérieur (et bien plus à l’extérieur, surtout pour les racisés originaires des quartiers populaires) de cette institution.

Il y a quelques semaines, un policier témoignait des attitudes racistes et sexistes dans la police sur le Média. Ce dernier avait entendu des propos du type : « Je suis facho et j’assume« .