Ce samedi 10 avril, le journal d’investigation français Mediapart a fait une révélation. On a ainsi appris que Brice Hortefeux, ex-ministre de l’Intérieur sous la présidence de Nicolas Sarkozy a enfreint les normes sanitaires du covid. En effet, il a déjeuné, en cette fin du mois de mars dernier, dans un appartement reconverti en restaurant clandestin. Il était accompagné du journaliste Alain Duhamel. Visiblement peu à l’écoute des règles sanitaires dans son propre pays, Brice Hortefeux « pensait que c’était légal ». C’est ce qu’il a déclaré pour se défendre. Alain Duhamel, lui, a dit qu’il « avait mal dormi après ce diner ». Une défense peu convaincante pour beaucoup, lorsqu’on voit la répression policière qu’on subi des gens « lambda ».

Il y a quelques jours, on faisait la découverte d’une fête illégale au ministère de l’enseignement supérieur (qui s’était déroulée en janvier dernier). La ministre Frédérique Vidal, connue pour sa polémique sur « l’islamo-gauchisme dans les université », avait eu du mal à se justifier.

Puis, il y avait eu cette polémique lancée par Pierre-Jean Chalençon, autour de diners supposés dans son hôtel où il avait dit que des ministres y étaient venus, tout comme le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal. Ce dernier l’avait contredit très vite.

Diner clandestin entre un journaliste de BFM et un ex-ministre de Sarkozy

A présent, un nouvel épisode polémique fait surface. Il s’agit d’un diner clandestin auquel a participé Brice Hortefeux, ex-ministre de Sarkozy qui a eu des affaires avec la justice avec son comparse. Il y avait aussi Alain Duhamel, journaliste connu.

C’est Mediapart qui a révélé l’information. On y a appris que Brice Hortefeux, actuellement député européen, a déjeuné « dans un appartement privé reconverti en restaurant clandestin dans le VIIIe arrondissement de Paris ». C’était le 30 mars dernier.

« C’est dans cet appartement que se déroulaient les soirées privées qui ont fait l’objet du reportage de la chaîne M6. Et c’est là que le chef Christophe Leroy, placé en garde à vue vendredi, y proposait, selon nos confrères, des menus allant jusqu’à 580 € ». C’est ce qu’a précisé Mediapart, par ailleurs.

Une justification peu convaincante

Brice Hortefeux ne nie pas les faits. « J’ai déjeuné avec le journaliste Alain Duhamel ce 30 mars« , dit-il. Il précise que c’était dans un cadre professionnel. C’est une connaissance de l’ancien ministre qui, selon lui, lui aurait alors conseillé de se rendre dans cet appartement. Cette connaissance lui aurait assuré que c’était tout à fait légal. Brice Hortefeux, visiblement peu attentif à l’actualité des mesures sanitaires, ne s’en était pas renseigné outre mesure.

L’ex-ministre de l’Intérieur s’est expliqué à Mediapart. « Cette personne me dit : « Il y a beaucoup de monde qui passe, des entreprises, des élus… » Quand vous savez cela, vous vous dites que vous êtes dans les clous ».

« Tout paraissait légal »

Alain Duhamel se rend donc à ce rendez-vous dans le VIIIe arrondissement. « Je croyais que ce serait soit chez lui, soit chez un de ses amis, et puis je suis monté dans ce truc-là. (…) Et puis je me suis aperçu qu’il y avait des gens qui déjeunaient. On m’a emmené tout de suite dans une petite salle à manger au fond, où nous étions trois », ajoute le journaliste.

Mediapart ne donne pas l’identité de cette troisième personne. Le déjeuner a été payé par carte bancaire. « Tout paraissait légal », tient à se justifier pour sa part Brice Hortefeux.

Alain Duhamel avait été sévère à la TV sur les mesures sanitaires à respecter

Quelques jours plus tard, « l’affaire des dîners clandestins » éclate. L’ex-ministre dit être tombé de haut. « Évidemment, vous imaginez ma tête… Cela vous tombe dessus comme un coup de massue. Je ne savais rien et, honnêtement, c’est très pénible. Je ne le vis pas très bien, je me suis excusé auprès d’Alain Duhamel, j’étais très gêné vis-à-vis de lui », dit-il à au journal d’investigation Mediapart.

Alain Duhamel, lui, a dit avoir « mal dormi » après ce déjeuner. Il a dit avoir l’impression d’avoir été « un peu piégé ». C’est ce même Duhamel qui se faisait le chantre du respect des mesures sanitaires. Il avait soutenu la fermeture des écoles, peu de temps avant ce diner.

En outre, ce n’est pas la première fois que des journalistes de BFM TV se font prendre dans un diner clandestin. Il y a peu, certains d’entre eux avaient été surpris par la police non loin du siège de ce média. Ils étaient accompagnés par des responsables d’AP-HP (Hopitaux de Paris).